AMAP et cantines scolaires

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Eh bien oui !… "bâtir un territoire vertueux" sera obligatoirement "onéreux" et imposera quelques "contraintes", mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle ?…
Les adhérents à l'AMAP dieppoise le savent; nous payons à un juste prix le travail de nos maraîchers sur l'ensemble de l'année, nous payons les congés payés auxquels ils ont droit comme tout travailleur; nous avons la contrainte de venir chercher notre panier à un moment fixe, d'aider à tour de rôle les maraîchers à la distribution, parfois de l'aider à arracher les mauvaise herbes - car tout herbicide est exclu; la contrainte de nous organiser en association, de prendre le temps nécessaire à son bon fonctionnement… coût et contraintes certes, mais au moins nous sommes fiers d'avoir un résultat concret: nous aidons une famille d'agriculteur bio à vivre sur le pays, nous réduisons la trace carbone, nous améliorons la santé des consommateurs et donc diminuons à terme les frais de santé etc.

La logique d'une Amap est évidemment vertueuse en totalité. Le conseil de l'école ne peut pas régler seul ce problème. Il faut agir au moins à l'échelle de la communauté de communes ou régionale. Aider à l'installation de jeunes maraichers et éleveurs bio sur de nouvelles terres à proximité des écoles avec éventuellement aide de l'État pour acheter et louer ces terres. Aider à la formation de nouveaux jeunes maraîchers et éleveurs bio en coopération étroite avec des lycées agricoles; à leur formation sur les règles "sanitaires" en coopération avec les institutions de santé; convaincre par la pédagogie les élèves et parents d'élèves que ce système est vertueux pour eux aussi, leur santé, leur formation; associer pédagogiquement les élèves dès leur plus jeune âge à la vie des maraîchages et élevages bio pour leur apprendre le respect de la nature et du travail d'autrui, la connaissance de ce qui est bon pour la santé et pour la terre, et ainsi participer à former sur le long terme des nouvelles générations qui auront des pratiques de production et de consommation vertueuses, y compris dans l'application des "normes de sécurité alimentaire".

Ce n'est pas avec des "y'a qu'à" qu'on peur régler ce problème. Il faudra de l'énergie de l'intelligence et du temps. Mais Il y plein de gens prêts à s'engager dans ce processus. Les élus et les collectivités, y compris jusqu'à l'État, doivent investir dans ce qui est d'une évidente nécessité absolue. Y compris en aidant les familles en difficulté financière à payer le prix juste aux agriculteurs bio. À terme, les retours sur investissement seront énormes et vraiment vertueux: moins de trace carbone, moins de pollution, moins de maladies, des producteurs et consommateurs éduqués à l'aménagement du territoire et au maintien des paysages, moins de chômage des jeunes devenus maraichers et éleveurs, un nouveau dynamisme des flux commerciaux et monétaires locaux etc.

À bon entendeur, salut…
cron